Mon ordinateur est plein de reconnaissance

Une fois n’est pas coutume, je relaie une information qui fait le buzz actuellement dans le domaine des jeux vidéos. Il s’agit du projet « Natal » de la firme de Redmond. Microsoft innove réellement avec sa nouvelle (future) console de jeu Xbox 360 présentée au salon Electronic Entertainment Expo. Sans être toutefois une rupture technologique puisqu’elle se place dans la lignée des consoles Wii, elle ouvre je crois, une nouvelle ère dans la courte histoire de l’interaction de l’homme avec l’ordinateur.

Tout d’abord, pour ceux qui ne l’ont pas encore vue, regardez cette vidéo assez impressionnante :

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Le joueur est donc débarrassé ici de tout artifice technique et seules la reconnaissance des gestes et des visages permettent d’interagir avec le jeu.

Oui, impressionnant car j’ai pu me rendre au salon Laval Virtuel cette année et s’il est vrai que l’on constate une lourde tendance à localiser, percevoir et identifier une personne et reconnaitre ses gestes par webcam et logiciels appropriés, le chemin me semblait encore long avant d’arriver au résultat présenté par Microsoft.

Battre des ailes (des bras) comme un albatros (Laboratoire Présence et Innovation) ou reconnaitre la position des phalanges des doigts d’une main (University of Tsukuba) étaient présentées sur ce salon comme des voies de recherche (surtout pour la deuxième qui ne fonctionnait que sur des mains japonaises, aux phalanges moins longues que celles des mains européennes…).

Ainsi Microsoft nous montre qu’il maitriserait déjà tout cela (je parlais de cette évolution à la fin de ce billet mais je suis surpris qu’elle soit déjà sous la forme d’une application grand public).

Les conséquences d’une telle interface sont nombreuses. En premier lieu, dans le domaine du jeu bien entendu et là, la démo est suffisamment explicite pour ne pas en rajouter. En marge du jeu, l’exploration des mondes virtuels se ferait beaucoup plus naturellement qu’aujourd’hui : une impulsion sur les jambes et vous marchez, une jambe inclinée et vous tournez, les deux bras en l’air et vous volez comme Superman, asseyez-vous et vous vous retrouvez autour d’une table de réunion en visioconférence par avatars interposés, etc.

Les reconnaissances vocale et faciale (et pourquoi pas une « clé » constituée d’une suite de gestes préenregistrés) ouvrent aussi la voie pour accéder à des applications non sensibles sans l’introduction de ces nombreux mots de passe, ce qui constituerait une alternative ou un complément à la biométrie.

La banalisation de cette technologie va accélérer aussi les dispositifs mis en œuvre dans les aéroports pour détecter des personnes qui tombent, s’agressent, courent, oublient leurs bagages, etc. C’est déjà en place mais faiblement déployé.

On peut également imaginer utiliser ces techniques pour « veiller-sur »  des personnes âgées, détecter des difficultés, des anomalies dans leur comportement.

Les exemples et applications potentielles ne manquent pas maintenant que le bas coût et la puissance des processeurs ainsi que la maturité des logiciels sont devenus une réalité. Le corps de l’homme pourra désormais être analysé en temps réel par la machine afin qu’il soit intégré à des mondes virtuels, des mondes miroirs et le rendre ainsi, pour le meilleur ou pour le pire, résolument ubiquitaire.

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