A quoi sert la réalité augmentée ?

Si comme moi vous vous intéressez à la réalité augmentée, vous devez voir fleurir sur le net de nombreuses démos faisant la promotion de cette technique. Pour ceux qui découvrent ce procédé médiatisé depuis peu, disons que pour simplifier, il s’agit d’intégrer des informations calculées en temps réel dans notre perception de la réalité.

La notion de temps réel est très importante puisque si ce n’est pas le cas, on retombe dans ce que l’on connaît depuis des années dans le domaine de l’industrie cinématographique, à savoir les trucages numériques (les exemples ne manquent pas de nos jours). Par « informations calculées », comprenez « images de synthèse » au sens le plus large.
Vous trouverez sur Wikipédia une définition bien plus complète.

Comme je le mentionnais au début de cet article, c’est une technique vraiment en vogue qui mérite d’être examinée autrement que par le visionnage de vidéos souvent spectaculaires sur des sites de partage.
Ce qui fut certainement une des premières applications de la réalité augmentée est le dispositif appelé « viseur tête haute » des avions de chasse moderne. Le pilote dispose, en surimpression sur la verrière du cockpit, d’informations relatives à l’avion ennemi visé par exemple afin de parfaire la fonction de tir.

cockpit.jpg

Pour que cette réalité soit véritablement augmentée par un complément d”informations que nous donnera un ordinateur, il est nécessaire que les perspectives soient parfaitement identiques. En outre, lorsque l’image intégrée (calculée) est complexe, les ombres, les textures, les reflets seront autant d’élément qui donneront l’illusion d’une « réelle » intégration de cette couche d’information.

Celle-ci a besoin par ailleurs d’un support physique (à priori) pour se matérialiser qui peut être une surface vitrée (visière d’un casque, pare-brise pour nos futurs GPS, etc.) ou, dans une très large majorité de cas, un écran d’ordinateur ou dispositif d’affichage équivalent : lunette, tablette multimédia, écran de téléphone, etc.

animaux-futur.jpg

Enfin, la notion d’interactivité est partie prenante de la réalité augmentée dans le sens où vous pouvez interagir avec les images virtuelles qui vous sont présentées.

Alors justement, voyons quelques exemples auxquels j’apporterai des commentaires :

Je commence par le plus médiatisé, les animaux du futur, largement plébiscités par la presse et les visiteurs du Futuroscope. L’un des leaders mondiaux de ce marché, le français Total Immersion, a réalisé cette application. Notez les lunettes spéciales pour afficher les images calculées et le capteur de position placé sur le dos la main pour l’interaction avec les objets (animaux) virtuels. Au moment où j’écris ce billet, l’attraction est fermée afin de rouvrir en avril 2009 sous une forme améliorée.
Très belle application que vous pouvez tester sur votre PC familial. N’hésitez pas à le faire si vous avez une webcam.

 

Le toit de l’Arc de Triomphe, à Paris, sera bientôt équipé d’un télescope inédit. L’appareil permettra d’observer la ville en obtenant- en surimpression - toutes sortes d’informations, comme le nom des rues ou des monuments. Un panorama historique (à base de cartes ou d’images de synthèse en 3D) pourra aussi s’ajouter au panorama contemporain, ce qui permettra de voir l’évolution de tel ou tel quartier en deux siècles.

D’autres applications nettement moins intéressantes à mon avis :

Toyota a fait le même genre de démo. Dans ces deux derniers cas, quelle est la valeur ajoutée par rapport à la même modélisation manipulée à la souris ? Aucune (ce serait d’ailleurs bien plus confortable).

Idem pour Lego et ses Lego’s Digital Box qui permettent de voir sur des bornes (et sur un écran donc) le modèle à construire qui se trouve dans la boite présentée devant la caméra. Personnellement, je préférerais manipuler tout simplement un exemplaire de la maquette finie… Mais peut-être que ça fait moins rêver ?

Beaucoup plus bluffante cette vidéo où cette fois il y a une interaction avec les objets (petits personnages) virtuels et le réel :

Attention, c’est assez trompeur : les comédiens ne regardent pas la table mais bien l’écran d’un ordinateur pour voir le personnage et ses mimiques.

Ce que démontrent toutes ces démos, c’est que la technique est au point pour intégrer des images de synthèse en temps réel sur un écran. La « killer-application » sera celle qui utilisera votre téléphone portable et vous donnera des informations sur les objets pointés avec ce dernier. Nous serons alors dans un monde cliquable, non plus sur des icones, mais sur des objets pucés en RFID.

Laisser un commentaire

Votre commentaire

*
Pour lutter contre le spam, merci de saisir le mot-image dans le champ ci-dessous.