Logiciel de mind mapping VS papier-crayons

Je donnais dernièrement une formation sur le mind mapping et à Mindjet MindManager à deux cadres d’un groupe mondial de l’agro-industrie situé près de Toulouse. Au terme de la journée, nous avons immanquablement soulevé la question suivante : quand utiliser MindManager, quand utiliser les outils traditionnels, à savoir le papier et les crayons de couleur.
Cette question est vraiment intéressante et après plusieurs années de pratique, la réponse m’apparaît de plus en plus clairement. Ainsi, lorsque le cœur de ma carte est très personnel et va me demander beaucoup de réflexions, d’hésitations sans doute, de créativité ou va faire appel à des sensations, alors sans hésiter c’est une feuille A4 ou A3 que je privilégierai comme support. Lorsqu’il s’agira d’organiser des connaissances ou des informations, d’élaborer un plan (de formation, d’intervention, de présentation), de faire un compte rendu, etc., c’est le logiciel qui sera de fait prioritairement utilisé.

Cette dichotomie peut sembler finalement logique, voire évidente. Mais pourquoi, finalement ?

D’abord, les choses ne sont pas si tranchées. Il y a eu bien des cas où j’ai utilisé feuilles et crayons pour me pencher sur un sujet très technique (dans le domaine de l’informatique notamment). L’inverse est vrai également.

logiciel de mind mapping ou papier-crayons ?

Alors ?

La liberté en termes de créativité que procurent le crayon et la feuille de papier est inégalée. Les couches matérielles puis logicielles que sont la souris (ou la tablette graphique) le clavier et l’écran (l’interface homme-machine d’une façon plus générale) et l’ergonomie même du logiciel agissent comme un “entonnoir”, un “filtre à émotions”, comme des barrières successives dans l’expression créative. Le crayon, relié au cerveau via la main de l’homme se connecte directement au centre des émotions.
Ne vous y trompez pas : ce n’est pas parce que vous mettrez des icônes et des images glanées ça et là sur votre disque dur ou sur Internet, que vous créerez une map plus personnelle. Ces artifices, à ne pas négliger, agiront sur d’autres leviers cognitifs.

L'ordinateur, goulot d'étranglement dans l'expression de sa créativité ?

Par ailleurs, le fait de ne pas savoir dessiner n’est pas réellement un frein à l’expression avec le mind mapping. Vous aurez peut-être un peu plus de difficultés à montrer vos cartes à vos proches… Mais peu importe, ces cartes sont à vous et dans le cadre d’un travail collaboratif, le logiciel gommera complètement cette appréhension.
Les différentes innovations qui pointent actuellement dans le domaine des interfaces homme-machine peuvent-elle réduire cet effet d’entonnoir dont je parlais plus haut ? Les interfaces tactiles peuvent certainement y contribuer en effet mais une profonde modification de la couche logicielle associée devra être revue en profondeur. C’est évident, dans ce type de programmes très spécifiques, la distance entre l’homme et la machine se réduira grâce à la prise en compte du geste que laissent présager le développement des interfaces tactiles multi touch par exemple.

Commentaires (2)

hubert1 mars 2009 à 16:23

bonjour,
perso, j’attaque direct logiciel. J’ai découvert le mindmapping l’année dernière (2008), et quelque part… c’est une révélation ! Il m’a bien aidé en formation continue et plusieurs projets + une partie de ma thèse professionnelle sont écrits par “exportation:importation”. Et mes notes (notation des prof) ont remonté. Il m’a fait gagné en productivité, rien qu’en l’utilisant avec les réglages par défaut, de façon significative.
Après étude des produits du marché et quelques essais, j’avais opté pour mindmanager 7 pro, et je viens d’acheter la 8.

Certes, côté utilisation en carte heuristique, Inspiration8 se rapproche le plus du crayon. Mais j’ai aussi pris goût à l’arborescence des fichiers et la possibilité des bulles et notes pour expliciter les fichiers… etc… le côté Business Mapping, et comme je ne fais pas de gestion de projet proprement dite, j’avais rejeté Openmind, qui ne s’appelle plus ainsi d’ailleurs.
Et Mindmanager couvre les 2 domaines (carte heuristique et Business Mapping), même si il est un tantinet “trop sérieux” dans son graphisme.
Ma formation continue fut sur le contrôle de gestion, et je souhaite étudier de près l’apport possible des “remontées” exceliennes et dorénavant bases de données dans ce cadre.

Ayant ras le bol de me prendre la tête dans mon organisation de fichiers, je pense cartographier mes CD Sauvegarde, et je regarde même de m’équiper d’un NAS et cartographier.

Pour en revenir à la fonction première de la carte mentale, je pense que tout dépend de la sensibilité de chacun. Perso, je suis très visualisation et des idées dans tous les sens, et le fait de reprendre une carte après interruption et suivre son chemin me permet de canaliser ma pensée. J’ai rencontré des personnes qui sont elles très littéraires et démonstration linéaire qui n’embrayeront jamais sur ce concept.
De plus, il est très éloigné de notre logique éducative, et vous croisez bien dans vos activités professionnelles les résistances au changement… encore plus face à une représentation graphique qui passe pour pas sérieux face à 20 pages austères en Arial 10. Rappelez-vous power point et les “vous vous amusez bien ?” alors qu’il y a environ 30 millions de présentations PPT par heure travaillée dans le monde.

L’un des gros avantages de Mindmanager dans la création d’une carte mentale est la possibilité de “cracher” les mots et concepts comme ils viennent dans tous les coins de l’espace de travail sans obligation première de les lier.
Dans un second temps, j’associe… ou pas ! Sur papier, faut déjà penser arborescence trop vite à mes yeux.

Même si il y a un développement important du web dit “2.0″, je considère que le mindmapping est un outil rendant possible, avec les besoins professionnels actuels, un gain de productivité, visible à court terme, important. Je pense son ROI très rapide, avec en plus un assujettissement à… un service informatique faible.
pour anecdote, il y a quelques jours, j’ai commencé le livre de David Allen, Getting Things Done (”S’organiser pour réussir” dans sa version française, le dernier bouquin à la mode sur les méthodes de travail), sans à priori dans un sens comme dans l’autre de départ, mais au bout de 20-25 pages seulement, je me suis demandé si je n’avais pas un bouquin sur le mindmapping sous les yeux, alors qu’il n’en parle pas du tout.

bonne journée

Plunet17 août 2009 à 14:45

Si vous cherchez un livre qui parle de GTD et de mind mapping , en fait il y en a deux qui viennent de paraître
Organisez votre vie avec le mind mapping Interéditions avril 2009 et Boostez votre efficacité avec FreeMind Eyrolles qui y consacrent chacun , un chapitre .

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