Lively n’est plus

Sous ce titre qui peut paraitre laconique pour certains d’entre vous, se cache une information qui m’a réellement surpris. Tout d’abord le fait que l’appropriation d’un produit de Google échoue. Avouez que c’est tout de même rare (inédit ?). Ensuite, qu’un monde virtuel ne trouve pas son « public » (d’avatars, sous entendu).

Pourquoi cet échec ? Les raisons sont comme toujours multiples.

En premier lieu, voici les différentes dimensions à développer dans un monde virtuel.

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La plus importante, la plus recherchée, celle qui est à la base de toutes les autres dimensions, me semble être la dimension sociale. Elles ne sont pas toutes citées ici d’ailleurs (je n’ai pas indiqué la curiosité, l’effet « geek », la simulation, le divertissement, l’évènementiel, l’apprentissage, les mises en situation, etc.). Plusieurs cartographies de ces mondes virtuels existent sur le site Kzero ou encore sur le blog de Fred Cavazza par exemple.

Une étude de l’institut Gartner prévoit par ailleurs que 80% des internautes et des entreprises utiliseront des mondes virtuels en 2011.

Si Google échoue sur ce marché apparemment plein d’avenir et en plein essor (bien qu’un modèle économique soit là-aussi à inventer), c’est peut-être que plusieurs facteurs ont été négligés depuis le 9 juillet dernier, date de son lancement. Il était décrit à ce moment comme « un nouveau concept qui allie à la fois jeu, moyen d’envoyer des messages instantanés, espace de discussion, monde virtuel et page Internet » (source : LeMonde.fr). Ou encore comme « un espace simple et facile d’accès à partir d’un compte Gmail ».

Personnaliser un avatar, créer un espace de chat et aménager des pièces avec des canapés et des fauteuils ne suffit pas, même aux plus jeunes qui s’approprient ces espaces virtuels comme des outils de socialisation.

Des problèmes techniques seraient également l’une des causes de la fermeture prochaine du service : plantage, incompatibilité avec les Google Sketckup et Google Earth. Alors justement, n’y a-t-il pas eu quelque chose de raté à ce niveau, c’est-à-dire l’absence de liaison entre le monde miroir Google Earth et le monde virtuel Lively ? Sur un ancien numéro du magazine Technology Review, un article de Wade Roush présente cette évolution inéluctable afin de nous diriger dans une ou deux décennies vers le « Métavers » (une combinaison à l’échelle mondiale des univers virtuels et du monde réel).

A priori, ce ne sera donc pas pour cette fois !

En attendant, Second Life avance en direction des entreprises en proposant des facilités pour le travail collaboratif :

YouTube Preview Image

Même avec ce type d’outil dans l’espace virtuel considéré comme le plus abouti  (dans sa catégorie), difficile de dire si son avenir est assuré à long terme. Beaucoup de projets naissent et sont abandonnés quelques mois après, il reste aussi de nombreuses contraintes techniques (IHM, téléchargement d’un logiciel, etc.) et réunir dans le même monde des joueurs et des entreprises semble un pari audacieux.

Avec ou sans Lively, les mondes virtuels d’aujourd’hui ne sont qu’une ébauche de ce que sera notre vie numérique dans les dix prochaines années.

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