Toulouse couvert par Street View
Comme 5 autres villes françaises (Paris, Lille, Lyon, Marseille, Nice), vous pouvez visiter Toulouse face à votre écran d’ordinateur avec Google Street View. Initiée en France lors du passage du Tour de France, cette technique de prise de vues et leur intégration dans les plans de villes de Google Maps et Google Earth est impressionnante à plusieurs titres.
Impressionnante d’abord par la quantité colossale de travail à accomplir pour prendre ces millions de photos (temps des trajets, gestion des impondérables -un camion barre une rue, une météo capricieuse-, etc.), les traiter numériquement (« floutage » des visages et des plaques d’immatriculation via un processus automatique), les assembler et les insérer dans un lecteur interactif vous permettant de zoomer et de vous déplacer dans la ville, même si ces dernières opérations sont réalisées par des logiciels.
Impressionnante aussi par la fiabilité globale de ce service : le temps de réponse est correct, le positionnement dans une rue est précis, l’interactivité fonctionne bien (cela reste tout de même un peu long) ainsi que le système de floutage automatique (bien que plusieurs sites, dont la CNIL, mettent en avant quelques contres exemples).
Les utilisations potentielles sont nombreuses. D’abord dans le secteur de l’immobilier bien sûr : pouvoir se déplacer dans le quartier d’une future acquisition immobilière devant son écran est d’un intérêt considérable. Le tourisme est touché également par ces visites virtuelles (localisation d’un hôtel, d’un gite, d’un monument, visite d’une ville avant un séjour professionnel ou non, etc.) afin de mieux appréhender l’environnement (proximité de commerces, d’axes à grande circulation, de parking). Imaginez également ce que ce service peut offrir à une ville qui souhaite réaliser des travaux de voirie par exemple. Déjà bien aidée par Google Earth, elle pourra examiner, évaluer, devisé les difficultés du terrain par la prise en compte de la dimension verticale des éléments présents dans les images (signalisation routière, poteaux, végétation, etc.).
Plus simplement, l’outil est intéressant pour explorer un territoire ou préparer un itinéraire.
Plusieurs questions viennent à l’esprit sur la monétisation envisagée par Google. A priori, selon le responsable de développement de Street View, rien n’est prévu « pour l’instant » afin de rentabiliser ces investissements (écoutez l’interview de Luc Vincent sur le site de la Voix du Nord).
On peut toutefois esquisser des possibilités de revenus si Google croise les données des annonceurs utilisant Adwords avec la géolocalisation des images. Voici ci-dessous ce que cela pourrait donner sur un exemple fictif :
La flèche, dans mon exemple, ne pourra certainement pas être là avant plusieurs années mais dès aujourd’hui, il serait possible d’afficher les publicités d’annonceurs situés dans la même rue que celle affichée à l’écran (moyennant quelques modifications à apporter au service Adwords).
Quid des mises à jour ? Une ville change, des bâtiments se construisent, de nouveaux quartiers naissent, des commerces déménagent. Peut-on imaginer les Google Cars parcourir les villes européennes tous les 2, 3 ou 4 ans ? Cela semble difficile à croire. Pas d’informations précises de la part de Google sur ce point, pourtant crucial.
Au final, par la sensation « d’immersion » que procurent les images panoramiques à 360°, ce service marque quasiment une rupture technologique avec ce que propose les Pages Jaunes et Mappy (quant à la vue 3D possible pour certaines villes, dont Toulouse, elle est vraiment très lourde à charger ; vous l’utilisez ?).
Une innovation, nécessitant certes de gros moyens, qui s’inscrit résolument dans le futur du web !
